Série « Psychomagie en 22 lames ? », 2020


Je voulais conjurer un sort, une répétition inévitable et empêcher la maladie de m’atteindre… Les cartes du tarot de Marseille vivent et me font signe depuis quelque temps déjà. Ainsi, à la découverte des premiers mots du « chant du tarot » d’Alejandro Jodorowsky, je les ai apprivoisées et j’ai compris que je pouvais m’en inspirer, les utiliser dans ma quête.


Selon moi, la lecture des cartes entretient un lien contigu avec celle des livres sacrés, ces testaments qui racontent le monde et lui donnent un sens. Je me sens homme, éduqué par ces marques temporelles qui font loi, alors je le sais, pour gagner ou simplement essayer, il faut s’extraire. Par cet acte, je m’offre un nouvel espace.


J’ai peint des cartes sans femmes ni hommes pour imaginer une grammaire rythmée aux poèmes de Jodorowsky, elle-même alimentée par mes rêves éveillés. 
Les figures humaines se sont effacées pour laisser place aux symboles et aux histoires qui peuvent à nouveau se raconter. La mienne, les vôtres. Au dos des cartes, j’invoque leurs significations, celles de mon édition, tout en rayant les déterminants. Ces mots et ces phrases ne nous proposent qu’une fin, alors que je veux un début. Comme pour laisser une chance, à chaque tirage.


Tout recommencer, disperser, créer à nouveau puis rassembler. C’est peut-être mon premier essai sur ma personne, d’une forme de « psychomagie » comme en parle si bien Jodorowsky.


Depuis cette aventure, une nouvelle carte est née et des poèmes s’écrivent dans mon ventre. 
Voyez donc dans ce travail, une recherche, une étape, une tentative… 


- Dimitri Arcanger

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